Archives mensuelles : mars 2010

Greenpeace lance une fabuleuse campagne d’appel au boycott des Kit Kat de Nestlé

Nestlé prétend se soucier de l’environnement mondial, agir sur le changement climatique et se comporter en entreprise responsable. Or, la société ne respecte ni ses propres normes en matière de développement durable ni le code de conduite qu’elle impose à ses fournisseurs.

Les Héros de chez Greenpeace ont lancé une énorme campagne d’appel au boycott des Kit Kat de Nestlé. Dans une vidéo choquante et très bien pensée, vue plus de 151.000 fois à l’heure actuelle sur YouTube, Greenpeace dénonce l’utilisation de l’huile de palme abusive, — qui a presque doublé au cours de ces trois dernières années –, atteignant les 320.000 tonnes. Toute cette quantité d’huile de palme est fournie par le groupe Sinar Mas, le plus grand producteur d’huile de palme et de papier dont l’empire du groupe s’étend à 406.000 hectares de plantations.

Le groupe Sinar Mas affirme posséder « la plus grande réserve de terres au monde [...] avec 1,3 million d’hectares [de] terres à disposition pour son développement. [...] »

Avec 2% de ses forêts qui disparaissent chaque année, et l’équivalent d’un terrain de football de forêt qui disparait toutes les 15 secondes, l’Indonésie affiche actuellement un taux de déforestation plus élevé que n’importe quel autre grand pays forestier au monde. Greenpeace dénonce un “désastre écologique”. « Au cours du dernier demi-siècle, plus de 74 millions d’hectares de forêts, soit un superficie plus de deux fois supérieure à la taille de l’Allemagne ont été tronçonnés, brûlés ou dégradés en Indonésie », affirme Greenpeace.

“L’arme du crime”. L’huile de palme est utilisée dans la fabrication de produits alimentaires, de cosmétiques et de biocarburants. La demande mondiale qui monte en flèche, devrait, selon Greenpeace, doubler d’ici à 2030 et tripler à l’horizon de 2050.

En 2007, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a désigné les plantations de palmiers à huile comme la principale cause de destruction de la forêt tropicale en Malaisie et en Indonésie.

Nestlé est dénoncé par Greenpeace comme le complice de la déforestation en Indonésie dû à  sa consommation croissante d’huile de palme produite par Sinar Mas, Sinar Mas qui est dénoncé comme le criminel par Greenpeace. Nestlé, qui est la plus grande société agroalimentaire du monde vendant plus d’un milliard de produits chaque jour, utilise de l’huile de palme pour plusieurs de ses produits, dont le plus connu Kit Kat. « La production à l’échelle mondiale est impressionnante », et c’est dire : la quantité produite toutes les cinq minutes dépasserait une fois empilée la taille de la Tour Eiffel.

Malgré les antécédents de Sinar Mas et sa réputation toujours plus entachée, Nestlé n’a pas renoncé à traiter avec le groupe et continue à lui acheter de l’huile de palme.

L’expansion des plantations est une fréquente source de conflit social, notamment de désaccords, sur l’utilisation des ressources par exemple. Mais pas seulement. Elle est aussi dangereuse pour l’espèce des orangs-outans : l’habitat des orangs-outans se limite aux forêts tropicales humides de Boméo et de Sumatra dont la destruction est “galopante”. « La déforestation liée à l’extension des plantations est l’une des principales causes de la chute des effectifs d’orangs-outans ces dernières années. » Il ne reste qu’entre 45.000 et 69.000 individus à l’état sauvage sur Bornéo et pas plus de 7.300 à Sumatra. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a d’ailleurs classé l’orang-outan comme une espèce “en danger”. C’est-à-dire confrontée à un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage dans un proche avenir. L’orang-outan de Sumatra est même classé « en danger critique d’extinction ».

Selon le Centre pour la protection des orangs-outans (COP), au moins 1.500 orangs-outans sont morts en 2006 suite aux attaques délibérées des ouvriers des plantations et à la réduction de leur habitat liée à l’expansion des plantations de palmiers à huile. Les forêts mondiales sont l’habitat d’environ deux tiers de l’ensemble des espèces animales et végétales terrestres.

Si la science découvre aujourd’hui encore de nouvelles espèces, un plus grand nombre d’espèces bien connues, notamment les orangs-outans, les rhinocéros de Java et les tigres de Sumatra, sont menacées d’extinction suite à la disparition de leur habitat naturel.

Des enquêtes de Greenpeace ont mis en évidence que « les entreprises du groupe Sinar Mas ont enfreint les lois et réglementations forestières indonésiennes en défrichant des zones de forêts pour la création de plusieurs plantations de palmiers à huile ». Fin 2009, « Greenpeace a fourni des preuves attestant que Sinar Mas n’a pas respecté les réglementations du Ministère des forêts et n’a, dans certains cas, ni demandé ni obtenu les permis d’exploitation du bois requis avant de procéder au défrichement dans plusieurs de ses concessions situées près du parc national de Danau Sentarum dans le Kalimantan occidenta ».

Selon la loi indonésienne, une entreprise doit procéder à une étude d’impact environnemental avant d’obtenir le droit d’exploiter une plantation et donc de pouvoir commencer le défrichement. Cette étude d’impact doit être approuvée par les autorités locales. En 2009, Greenpeace a utilisé l’imagerie satellitaire pour montrer comment une entreprise du groupe Sinar Mas (PT Agro Lestari Mandiri) a commencé à défricher 4.000 hectares de terres plusieurs mois avant que son étude d’impact n’ait été approuvée. Dans un autre cas, une société du groupe Sinar Mas (PT Kenana Graha Permai) a commencé le défrichement deux ans avant l’approbation de son étude d’impact.

“Nestlé Killer”. La page Facebook de Nestlé qui compte à cette heure-ci pas moins de 95 100 fans a littéralement basculé envahie de commentaires négatifs en tous genres.

“Ces gens ont-ils déjà vu la beauté de la nature ?” (lien)

Face à cette énorme et fabuleuse campagne lancée par Greenpeance, Nestlé a réagi et a affirmé souhaiter « utiliser uniquement de l’huile de palme certifiée d’ici à 2015, lorsque les quantités suffisantes seront disponibles », or, 2015, c’est un peu trop loin.

« Entre l’opinion publique occidentale et un partenaire indonésien, ces groupes font vite leur choix car ils ne peuvent se permettre d’être montrés du doigt sur l’environnement. Greenpeace l’a compris », souligne un expert du secteur, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat sur lesoir.be.

« Greenpeace a déjà alerté Nestlé à plusieurs reprises sur les atteintes très graves à l’environnement dont est responsable Sinar Mas. En décembre dernier, Greenpeace avait notamment fourni au géant agroalimentaire suisse des preuves des activités illégales menées par la compagnie indonésienne. Pour l’instant, Nestlé fait la sourde oreille… » peut-on lire dans un article sur le blog de Greenpeace.

En attendant, Greenpeace maintient son appel à boycotter Kit Kat « tant que Nestlé continuera à s’approvisionner, via des distributeurs, en huile de palme produite par Sinar Mas », a précisé Bustar Maitar, responsable du dossier “forêt” pour Greenpeace à Jakarta.

Christophe Duman

A voir
Sources



Le New York Times ouvre les portes de sa conférence de rédaction

L’excellent quotidien américain The New York Times a décidé ce lundi 22 mars d’ouvrir les portes de sa conférence de rédaction, sous le nom de TimesCast. Les vidéos d’une durée d’environ six minutes, sont disponibles tous les jours à partir de 13 heures (18 heures à Paris).

L’édition du 23 mars est disponible à l’adresse suivante : http://video.nytimes.com/video/2010/03/23/continuous/1247467427881/timescast-march-23-2010.html.

Je dis ça, je dis rien, mais c’est quand même une excellente idée. A quand celle du Monde ou celle de France Info, par exemple ? C’est toujours une bonne chose à voir, surtout pour les curieux.

Christophe Duman

WikiLeaks, la véritable solution à notre monde trop contrôlé

“Wikileaks a probablement sorti plus de scoops dans sa courte vie que le Washington Post ces trente dernières années”, une phrase plutôt historique à propos de WikiLeaks qui lui a été accordée par le National Post.

Composé de “wiki” qui signifie un travail collaboratif (et ouvert à tous), et “leaks” qui signifie “fuite”, WikiLeaks est une sorte de Wikipédia aux “scoops” très confidentiels, — à but non lucratif –, réputé pour sa solide crédibilité. Les documents confidentiels, soumis par des anonymes par la voie d’une page très sécurisée qui vous garantit l’anonymat, avec écrit “Courage is contagious” (“[le] Courage est contagieux”).

“La sécurité du site est renforcée par l’emploi de technologies cryptographiques de pointe. Des processus mathématiques et de chiffrement extrêmement sophistiqués doivent assurer le caractère privé, l’anonymat et l’impossibilité d’identification. Techniquement, WikiLeaks associe des versions remaniées de Freenet, de Tor ou de PGP à des logiciels de conception maison.” Page WikiLeaks sur Wikipédia

Créé en décembre 2006 par des dissidents chinois, des journalistes d’investigations, des mathématiciens et des informaticiens, le site qui se veut “incensurable”, a publié pas mal de grands scoops, quasiment militaires. Plus de 1,2 millions de documents sont disponibles dans la base de données de WikiLeaks, avait revendiqué le site.

L’an dernier WikiLeaks avait publié plus de 500.000 messages envoyés lors des attentats du 11 septembre 2001 (573.000 messages pour être plus précis), disponibles librement pendant 24 heures, dont les secrets de l’opération n’ont toujours pas été connus depuis. « Bien que nous soyons dans l’obligation de protéger nos sources, il est clair que les données proviennent d’une organisation qui a intercepté et archivé les télécommunications américaines depuis avant le 11 septembre », a seulement précisé WikiLeaks dans un communiqué.

« Ces archives constituent un témoignage objectif de ce moment crucial de notre époque. Nous espérons que cette révélation aboutira à une compréhension plus profonde et nuancée de cette tragédie et de la manière dont elle aurait pu être anticipée », se justifie le communiqué. CBS News note que les messages proviennent de plusieurs opérateurs différents, dont Arch Wireless, Metrocall, Skytel et Weblink Wireless ; messages qui une fois acquis ont sûrement été compilés.

WikiLeaks menacé par… le manque de financement. Sur le site de WikiLeaks, — de la propriété de The Sunshine Press –, qui est je le rappelle une organisation à but non lucratif, on peut lire que le site nécessite pour cette année, plus de 600.000 dollars (443.460 euros environ) de dons. Pour le moment, “seulement” 360.000 dollars (soit 266.076 euros environ) de dons ont été faits. Des dons que vous pouvez faire par la voie de Moneybookers ou PayPal directement sur le site WikiLeaks.org. Et on peut même faire des dons en transférant de l’argent aux adresses indiquées sur le site.

Dans un document PDF de 32 pages, on peut y lire que le Pentagone a désigné WikiLeaks comme “menace pour l’armée américaine”, document confidentiel daté du 18 mars 2008 qui a été dernièrement publié… sur WikiLeaks. « Conclusion des services de contre-espionnage : Wikileaks représente “une menace potentielle” pour l’armée, non seulement parce que les documents qu’il publie peuvent révéler des informations à des services de renseignement étrangers, mais aussi parce que le site pourrait être manipulé par des Etats ou groupes à des fins de propagande ou de dénigrement », peut-on lire dans un article du Monde.fr.

Plusieurs fois traîné en justice, WikiLeaks survit malgré plusieurs attaques. Dorénavant, la seule menace contre WikiLeaks est le manque de financement. Alors, n’hésitez pas à donner… « Nous protégeons le monde – mais allez-vous nous protéger ? »

Christophe Duman

A lire
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L’historique « France-Soir » se repaye la Une

Ce mercredi 17 mars, 500 000 exemplaires de la nouvelle formule du journal historique « France-Soir » étaient disponibles dans les kiosques. A 50 centimes d’euros comme prix de lancement, il atteindra ensuite les 70 centimes, ce qui reste pour un quotidien généraliste, un petit prix. France-Soir racheté il y a un an par le jeune russe Alexandre Pugachev, âgé de 25 ans et fils d’un oligarque russe, tente de remonter la pente.

“Autour de France-Soir tout bouge, tout grandit, tout se transforme.” France-Soir.fr

Le journal, auparavant titré à seulement 23.000 exemplaires, tente d’atteindre une stabilité de diffusion dans l’ordre de 150.000 à 200.000 exemplaires grâce à un « plan de relance sans précédent dans la presse française » avec 20 millions d’euros en campagnes publicitaires étalée sur plusieurs semaines à la télévision, à la radio ou en affichage, ce qui est du « jamais vu pour un quotidien ». Il faut dire qu’en pleine « crise » de la presse, ça peut en rager plus d’un, particulièrement le Parisien (qui lui aussi avait fait l’objet d’une campagne publicitaire l’an dernier), premier dans la liste des concurrents de France-Soir.

« J’aime beaucoup la France, j’aime Paris ! », déclare Alexandre Pugachev, aux allures de « physique de tennisman à la frange coupée au carré » lors de la soirée de lancement de France-Soir.

Le quotidien a fait l’objet de la réalisation de plus de cinq maquettes différentes, depuis mai dernier. Quant à la rédaction, elle est installée aux Champs-Élysées depuis le rachat l’an dernier par M. Pugachev. Avec un effectif qui a pratiquement doublé depuis le rachat, passant à 130 personnes, dont 90 journalistes, comptant certains anciens du Parisien. Il faut dire que M. Pugachev se veut particulièrement confiant et fier de ce projet de relance. « Je ne suis ni un bénévole, ni un mécène », prévient le jeune PDG en souriant.

Des anciens à France-Soir. Christian de Villeneuve, ancien directeur de la rédaction du Journal du Dimanche fait office des mêmes fonctions à France-Soir, avec l’aide de Dominique de Montvallon, ancien rédacteur en chef du Parisien, qui lui dirige le service politique du journal. D’autres comme Patrick Poivre d’Arvor, Laurent Cabrol ou encore Thierry Roland compléteront la rédaction.

« Il s’agit de faire revenir France Soir dans la cour des grands quotidiens, ensuite on pourra en décliner la marque, développer plus encore le site internet et on pense à des produits dérivés », déclare Christiane Vulvert, directrice générale de France-Soir, ajoutant : « On sera fixé fin-mai début juin ».

Déjà lancé, le quotidien fait une grosse erreur

« La photo est aussi une priorité et nous nous attacherons aux exclusivités, même si il faut payer cher. » M. Pugachev

Trois jours après le lancement de la nouvelle formule, vendredi 19 mars, le quotidien affiche en Une de son journal des photos dites « exclusives » de Johnny Hallyday, se baignant en vacances à Saint-Barthélémy accompagné d’un gros titre : “Johnny au top !”.

Dans un communiqué, France-Soir s’excuse auprès de ses lecteurs. Les photos, achetées à l’agence ABACA Press, dataient en réalité de 2006. « Nous sommes extrêmement désolés de cette méprise et nous présentons nos excuses les plus sincères à nos lecteurs. »

« France-soir aurait dû changer aussi de nom, car c’est plutôt France-tard que France-soir, avec des photos vieilles de 4 ans » ironise dans un commentaire une lectrice du Point.

« ABACA Press a vendu à notre chef de service photo des images de Johnny à Saint-Barthélémy en train de se baigner avec sa femme et l’une de ses filles, stipulant que ces photos dataient du 18 mars 2010 », précise le communiqué, accusant ABACA Press, qui quant à elle lance la balle contre l’agence qui a réalisé ces photos basée à Los Angeles X17. « Nous avons été abusés par X17 », « Abaca est de bonne foi et n’a pas changé la date de l’image », affirme Jean-Marie Psaïla, directeur d’Abaca Press dans un entretien donné au Point. Ces photos ont déjà été publiées dans Voici il y a quatre ans, confirme le journaliste Emmanuel Berretta dans le même article.

Des photos de ce séjour existent réellement, mais « l’agence ABACA Press nous a transmis par erreur des photos plus anciennes ». « Johnny se porte bien, comme nous l’a confirmé son fils David. Il est bien à Saint-Barthélémy » renchérit le communiqué. France-Soir conclut que la direction s’engage à une « procédure contre l’agence ABACA Press, qui a par ailleurs reconnu sa faute ».

Quotidien accessible et destiné au grand public, France-Soir représente pour moi l’ancienne belle presse française. Le quotidien a les moyens et du beau temps devant lui, puisque c’est enfin le printemps.

Christophe Duman

A lire
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“Pour assurer sa pérennité, la presse doit privilégier la rentabilité” affirme en toute impunité Alain Weill

Non, bien évidemment, ce n’est pas un conseil de ma part… mais de la part d’Alain Weill, président du groupe média NextRadioTV (BFM Radio, BFM TV, RMC, Groupe 01) et du journal économique La Tribune, qui aujourd’hui a affirmé cela en toute impunité sur son compte Twitter.

Alain Weill s'exprime sur son compte Twitter

PQN [presse quotidienne nationale] : stop aux invendus délirants et à la diffusion non rentable. Pour assurer sa pérennité la presse doit privilégier la rentabilité.”

De quels droits un capitaliste diplômé en économie se permet-il d’imposer des “lois” sur la presse, donc légitiment sur le journalisme ? Que c’est hallucinant de voir un tel capitaliste gérer un groupe média quand même, franchement. C’est d’office impossible de dire que les médias du groupe NextRadioTV sont indépendants.

M. Weill, au lieu de commencer à pourrir la presse avec votre capitalisme et votre immaturité hallucinante, merci d’aller voir ailleurs, vous et vos médias qui sont de pures machines à sous.

Christophe Duman