Après l’atroce condamnation réservée à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, l’Iran persiste et signe dans son irresponsabilité avec cette fois-ci Ebrahim Hamidi, jeune iranien de 18 ans condamné à la pendaison pour homosexualité
Dans le Monde daté de mercredi, les deux écrivains français Philippe Besson et Gilles Leroy lancent un appel pour soutenir la cause de Ebrahim Hamidi, un jeune iranien âgé d’à peine dix-huit ans, condamné à la pendaison pour “homosexualité et acte de sodomie” en Iran.
“Après Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère, l’Iran persiste et signe en condamnant à la pendaison un jeune homme soupçonné d’homosexualité”, écrivent-ils. “Ebrahim Hamidi serait homosexuel. Donc il doit mourir”, déplorent-ils.
L’appel est également soutenu par Alfredo Arias, Dominique Blanc, Arnaud Cathrine, Clara Dupont-Monod, Arnaud Dreyfus, Isabelle Gallimard, Christophe Girard, Valentine Goby, Vincent Josse, Pascale Kramer, Claude Lanzmann, Camille Laurens, Benoît Legemble, Jonathan Littell, Paul Otchakowsky-Laurens, Atiq Rahimi, Chantal Thomas et Mathieu Vidard.
“Cette seule perspective suffirait à nous horrifier, tant elle est contraire à la notion même d’humanité et nous laisse imaginer la terreur dans laquelle vivent les homosexuels iraniens, obligés de se taire, de mentir, de nier leur identité”, poursuivent les écrivains.
L’accusation, serait selon eux, “montée de toutes pièces” à la suite d’une rixe “banale”, les dénonciations “faites par des tiers emprisonnés l’auraient été au prix des promesses de remise en liberté”. Et les aveux d’Ebrahim “extorqués sous la torture”, assurent les écrivains. “Au cours de son procès, l’accusé n’a pas eu le droit à la moindre représentation légale. Quant au verdict, il a été prononcé par un magistrat qui s’en est remis à son propre jugement, procédure utilisée lorsqu’il n’existe pas de preuve formelle.”
Au mois de juillet, la “victime” présumée d’Ebrahim Hamidi a “reconnu avoir portée contre lui de fausses accusations sous la pression de ses parents. On pourrait croire que cette rétractation aurait entraîné l’annulation de la sentence”, mais, “pas du tout”. Ebrahim Hamidi “est toujours coupable d’un “crime” qu’il n’a pas commis. Est-il homosexuel ? Qu’importe, il doit mourir”, rappellent les écrivains.
Ebrahim Hamidi “va mourir, si nous ne nous mobilisons pas. Si nous ne réveillons pas les consciences. Si nous ne crions pas haut et fort et partout que cette condamnation est insupportable et qu’elle doit être cassée”, conclut l’appel.
Dans un article de Paris Match daté du mercredi 11 août, on y apprend que l’avocat de Ebrahim Hamidi, maître Mohammad Mostafaei, spécialiste des droits de l’Homme dans son pays, a été menacé et a dû fuir le territoire iranien pour partir en exil en Norvège. Il est aussi l’ancien avocat de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. “A coups de communiqués et de déclarations à la presse, il s’est battu pour que cette affaire soit rendue publique”.
L’article rappelle que Ebrahim Hamidi a été condamné à la pendaison pour homosexualité “sans qu’aucune preuve tangible n’ait avéré « l’acte anal illicite » ; sur le seul fondement de la « connaissance du juge ». Et pour cause : Ebrahim Hamidi ne serait même pas gay. L’origine de ce procès serait en fait une banale dispute entre deux familles, soldée par une accusation lancée à la va-vite, et pourtant irrémédiable”.
Christophe Duman
