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Stéphane Guillon et France Inter (Radio France) : le petit con face aux vieux

C’est peu de le dire, mais il ne faut pas se le cacher, Stéphane Guillon est aujourd’hui un peu le petit con protégé par tout le monde face aux vieux cons, ici la direction de France Inter et de Radio France, en sommes.  Mi-drôle, mi-méchant, il incarne aujourd’hui, de manière générale, l’ « humour » et la caricature chez la presse française. La mission de Stéphane Guillon aux ondes de France Inter était de rire (ou de se moquer) de tout et de rien d’une façon spécialement « Guillon »… humour noir et polémique étaient au rendez-vous. Ses proies préférées étaient les hommes politiques, dont il prenait un malin plaisir à les attaquer ; leur(s) réactions l’encourageait à en faire davantage. Il soulevait l’esprit satirique de l’opinion, et il était l’objet de pas mal de polémiques, qui alimentaient parfois le fil de ses chroniques, comme tout dernièrement, sa chronique sur Eric Besson. Pour ça, il n’a pas hésité à se lâcher, ce qui a plu à beaucoup de monde, mais déplu à d’autres ; quoi qu’il en soit, sa chronique a attiré la foule : des centaines de milliers de visiteurs  s’étaient rués pour visionner la vidéo de sa chronique sur Internet, donnant un résultat final de plus de 738.000 lectures au jour d’aujourd’hui.

Eric Besson avait bien évidemment mal pris la chronique. Il a demandé à France Inter, radio du service public : “  J’aimerai que vous réfléchissiez à la responsabilité qu’est la vôtre. [...] La responsabilité de France Inter, comme radio de service public, je pense que vous devriez y réfléchir”, ajoute-t-il, sous le coup de la colère et de l’agacement. Ce n’était pas la première fois que Stéphane Guillon s’acharnait sur Eric Besson. Pris par une grande polémique, pour d’autres faits notamment, Stéphane Guillon a finalement été viré, et ceci a donné lieu à une vague chaîne de protestations, jusqu’à attirer 2.000 personnes lors d’une manifestation ce jeudi 1er juillet, devant la Maison de Radio France, dans le 16ème arrondissement de Paris, mais d’autres rassemblements ont également eu lieu en province, à Lille, Strasbourg comme à Toulouse.

Pris pour cible, Philippe Val, directeur de France Inter, a déclaré à l’AFP qu’il n’a « jamais censuré personne ». Mais Marie-Hélène Elbaz (CGT), estime au nom de l’intersyndicale que Guillon a été viré (tout comme Didier Porte, également ancien humoriste à France Inter) « sans ménagement pour des raisons politiques », comme l’a toujours quelque peu affirmé Stéphane Guillon, en remettant plusieurs fois en cause la nomination par Nicolas Sarkozy de Jean-Luc Hees et Philippe Val à la tête de Radio France. Mais Jean-Luc Hees, Président directeur général (PDG) de Radio France, avait alors déclaré dans une interview accordée au journal « Le Monde » avoir eu « de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques. » Mais « si l’humour se résume à l’insulte, je ne peux le tolérer ». “Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m’appuyant sur des valeurs minimales d’éducation et de service public”, a assuré M. Hees, qui précise : “Je sais qu’en prenant cette décision il y a un risque. Mais j’assume !”

En tout cas, Stéphane Guillon, homme doux au fond de lui, a reçu le soutien de nombreux auditeurs et de collègues à France Inter, et c’est dire : 100.000 courriers de soutien ont été envoyés à Stéphane Guillon en seulement quelques jours. Son collègue humoriste Didier Porte a lui aussi reçu le soutien de nombreux. Étant même “largement soutenus”. Dans cette grande polémique, une question s’impose : l’humour particulier de Stéphane Guillon était-il “acceptable” ? Était-ce “vraiment” de l’humour et non de la méchanceté, comme l’a toujours revendiqué à tort ou à raison Guillon ? Tout dépend, mais à ce jour, la question principale concerne surtout le fait que Stéphane Guillon ait été viré de France Inter, après deux années de chroniques toutes autant polémiques que les autres ; la liberté d’expression de la presse,  dans ce cas, a je pense réellement été remise en cause… Le fait d’éradiquer deux humoristes, par la suite, avec des excuses bidons (lesquelles oserai-je dire ?), est suffisamment anormal pour relever quelque chose, comme un soucis d’indépendance.

Musique d’ambiance : “I Just Wanna Live” de Dave Darell.

Christophe Duman