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Portait du “breaking news”, nouvelle forme de journalisme née sur Twitter

Le “breaking news”, nouvelle forme de journalisme… née sur Twitter. Créée par des passionnés ou autres mutants issus de la mystérieuse “génération Y”, cette nouvelle forme de journalisme ne cesse d’en attirer plus d’un malgré ses grands défauts (consacrer sa journée à la veille sur l’actualité), mais comme je l’ai dit juste avant, “créée par des passionnés” (de journalisme, d’actualité) donc comme on le dit, la passion passe avant tout.

Concrètement, le “breaking news” (information de dernière heure, information fracassante) s’explique en plusieurs points : un compte Twitter, une passion, une folie et une envie (souvent par passion, et moins pour gagner de l’argent, voir plus bas). Plusieurs sources (RSS, “sources privées”, followings, contacts et services de presse officiels, etc.) sont nécessaires. Car avant tout : être toujours le plus rapide possible. Être anglophone est obligatoire car 90% des sources sont anglaises (et de plus en plus espagnoles d’ailleurs), et la traduction d’un tweet n’est pas forcément facile à insérer dans 140 caractères, pour les très rares francophones à mettre dans les pieds de ce système quasi-sectaire.

Inutile de vous expliquer qu’il faut énormément de temps pour se consacrer à un vrai four gratuit d’actualités chaudes, mais la majorité des comptes de “breaking news” sont gérées par une équipe. Certains choisissent de fournir une actualité que lorsqu’ils sont disponibles pour veiller. Prenons un œil d’économiste (pour ne pas dire de capitaliste), et jugeons ce nouveau journalisme. Pour être radical, ce nouveau journalisme n’est pas rentable (comme l’actualité en elle-même ?), vraiment pas rentable. Il ne peut servir qu’à des fins “d’achat de crédibilité”, voir d’audience… Ce qui est déjà (très ?) suffisant car l’“achat de crédibilité” peut servir à développer un média (qui lui aura un modèle économique), qui peut s’avérer dans les meilleurs des cas d’une incroyable utilité, mais vraiment.

Comme exemple : Michael van Poppel. Ce nom est très connu dans le secteur du “breaking news”, et c’est dire : Michael van Poppel a (quand même) aujourd’hui un article sur Wikipédia consacré à son nom, sans compter les nombreux articles à son propos. Michael est le fondateur du célèbre compte Twitter @BreakingNews (une question s’impose : ceux qui ne suivent pas ce compte sont-ils réellement sur Twitter ?), auparavant nommé @BreakingNewsOn, né en mai 2007 avec une petite équipe de bénévoles. Des tweets d’actualité toujours en avance par rapport aux autres, qui ont permis à Michael van Poppel de s’empocher une solide crédibilité. Pourtant, ce néerlandais d’une vingtaine d’années n’est même pas journaliste à la base, mais il est aujourd’hui le fondateur d’une agence de presse : BNO News, soit “Breaking News On News”, agence créée à la fin de 2008, avec aujourd’hui quelques clients sérieux à la clé comme Msnbc.com, — le premier client de l’agence en contre-parti du rachat il y a maintenant quelques mois du compte @BreakingNews, s’offrant aussi le nom de domaine breakingnews.com un mois après le rachat du compte @BreakingNews –, ou encore Thaindian News. Pour les curieux, les dépêches de l’agence BNO News sont disponibles sur le site WireUpdate.com (@WireUpdate sur Twitter). BNO News s’est fait connaître notamment grâce à l’obtention d’une vidéo exclusive (et authentique) d’Oussama Ben Laden, obtenue en septembre 2007, ensuite rachetée par l’agence de presse Reuters. Tout une série de news, parfois 10 minutes avant les principales agences de presse, ce qui est énorme. Ce parcours est bien évidemment très rare, car il demande beaucoup de travail, de chance, de passion et de motivation… Exemple parfait de l’agence de presse née sur Internet (sur Twitter pour être précis), le beau parcours de Michael van Poppel peut faire rêver… Aujourd’hui l’agence BNO News compte quelques journalistes dans son équipe, et a une façon particulière d’être les plus rapides. D’ailleurs, une petite histoire sympa à lire à propos de BNO News : “ BNO News beats New York 911 call ”. Et le compte @BreakingNews lui qui n’appartient plus à Michael van Poppel donc, compte aujourd’hui plus d’1,7 millions de followers… Mais depuis ce rachat par Msnbc.com, @BreakingNews a un peu changé… en terme de rapidité notamment, prenant un recul de plusieurs secondes (oui, ça se compte en secondes et petites minutes), face aux vrais mutants du “breaking news” comme @USABreakingNews, @Upfront_News, @mpoppel en personne ou même @RodrigoBNO (l’un des deux fondateurs de BNO News)… (Quelle génération celle-là ?)

Alors que @cnnbrk en compte lui plus de 3 millions. Le compte @cnnbrk (“CNN Breaking News”) a été lui aussi racheté, cette fois-ci par… CNN bien évidemment, à un jeune développeur britannique, James Cox, qui a créé ce compte Twitter pour recevoir les alertes de la chaîne sur son mobile. “CNN et James Cox ont respectivement confirmé au Washington Post [article du WashingtonPost.com] avoir passé un accord qui permet à la chaîne câblée de prendre possession de ce compte. Il ne s’agit pourtant pas d’un rachat pur et simple puisque les règles de Twitter interdisent ce genre de transaction autour d’un nom de compte accordé gratuitement. Par conséquent, James Cox est devenu consultant pour CNN ce qui inclut le transfert de son compte à la chaîne”, peut-on lire dans un article de ZDNet.fr à ce sujet. Il y est aussi souligné que, “depuis, ce compte Twitter est devenu un véritable phénomène, arrivant en tête des consultations, devant les très populaires Ashton Kutcher et Britney Spears”…

D’autres comptes de “breaking newsers”, pas forcément connus eux, font un travail remarquable et ce rapidement… Comme : @USABreakingNews, @Upfront_News, @alertanews, etc. Il y a en a des tonnes et en différentes langues. Mais, et les français ? Pas beaucoup de courageux pour tout vous dire. Il ne faut pas mêler les mutants qui veillent sur les sites d’actualité et les autres mutants qui veillent sur l’actualité chaude… D’ailleurs, soulignons-le : veiller sur les sites d’actualité peut être fait par un robot, ou être fait manuellement par un humain, sans forcément être 24 heures sur 24 derrière l’ordinateur (utiles les flux RSS)… Alors que les mutants qui veillent sur l’actualité chaude (“breaking news”), eux, doivent être disponibles 24 heures sur 24, l’œil acharné sur leurs différentes sources… Qui dit Twitter, Internet, et “actualité chaude”, dit forcément… fiabilité des sources. Il ne faut jamais prendre le risque de tweeter une information que vous avez lu dans la timeline sans qu’on soit sûr de sa source ! Et surtout, il ne faut pas hésiter à corriger l’erreur quand on en fait une… Enfin bref, revenons à la demande initiale : “Et les français ?” A vrai dire, à ma connaissance, seulement trois. C’est @AgenceFlash, @LesNews, et @FlashInfos (géré par moi-même). Détaillons ces agences de “breaking news” françaises une à une. Pour ces trois agences françaises de “breaking news”, elles optent tous pour le choix de fournir de l’actualité que lorsque quelqu’un  est disponible derrière le clavier.

L’@AgenceFlash. Créée par Romain Delacroix, un web-journaliste étudiant en droit, et Hugo R.-C., lycéen, l’Agence Flash a une particularité : partager ses propres news, c’est-à-dire oublier les agences de presse, et chercher l’information directement depuis les sources plus ou moins officielles. Romain m’explique depuis le train que Twitter que l’Agence Flash est une société en formation”, “ça veut dire que nous ne sommes pas encore immatriculés au registre du commerce mais qu’on y réfléchit pour devenir une société.” Romain précise : “On est surtout spécialisé dans le Breaking News politique”, parce qu’il ne faut pas oublier que l’Agence Flash a été créée le 7 juin 2009, durant la période des élections européennes. La seule difficulté que nous avons c’est de savoir où s’orienter ou comment s’orienter. Nous sommes passionnés par l’info c’est un fait. Le tout c’est essayer de gagner de l’argent pour pouvoir ensuite assurer des couvertures sur le terrain comme pour des meetings ou des sommets du G20 ou européen”, m’explique-t-il. J’avouerais que nous aimerions travailler avec ou pour un grand groupe de presse”, ajoute-t-il. Pour la question du temps, on fait ce qu’on peut. On est tous les deux tenus par les cours. Moi-même j’ai quelques obligations professionnelles (plusieurs contrats étudiant)”. Twitter : @AgenceFlash – Site : flash-politique.fr.

@LesNews. De nombreuses critiques à faire mais je ne vais pas les attaquer pour rester objectif. @LesNews a été créé par un parisien, nommé Anthony, il y a environ un an me dit Alexandre, le second membre de l’équipe (ils sont deux au total). “Les News a été créé pour combler le vide qui existait après la naissance de BNO News dans le marché francophone. Les News n’a pas la prétention d’être une agence de presse à part entière, mais un relais dans la transmission des informations qui circulent déjà sur la toile”, m’explique-t-il. Twitter : @LesNews – Site : lesnewsfr.com.

@FlashInfos. Bon. Facile, c’est à moi. @FlashInfos a été fondé il y a plusieurs mois, mais le “breaking news” a toujours partiellement existé chez la @FoireauxLiens. Pour tout vous dire, je n’ai jamais vraiment eu le temps de m’y consacrer beaucoup par manque cruel de temps. Cependant, @FlashInfos fournit de temps en temps quelques “breaking news” par-ci et par-là, et via une multitudes de sources, et surtout (ce qui fait la force de la plupart des “breaking newsers”) : aucun conflit d’intérêts, indépendance assurée sur @FlashInfos. Tout ça efficacement, rapidement, gratuitement et en français. Twitter : @FlashInfos – Site : foireauxliens.free.fr/info.

Le “breaking news”, bien que ce soit de l’actualité efficace et rapide, n’est pas forcément riche (ni beau) journalistiquement parlant… De l’info brut, à s’en douter de l’utilité. Je trouve ça “bien” en soi mais dévalorisant pour le journalisme. Le “breaking news” avance  rapidement et ne cesse de conquérir la presse, Internet et les nouveaux médias, en poussant les médias traditionnels à être de plus en plus rapides… Mais malheureusement les français ont un léger train de retard, il ne faut pas se le cacher. Le “breaking news” n’en est qu’à ses débuts et promet d’avoir un parcours palpitant… Il y a tellement de choses à raconter et à vous partager, comme la “révolution” sur Twitter lors des manifestations en Iran, où les “breaking newsers” étaient le média numéro 1 pour relayer l’information, dont leur source principale était les “journalistes citoyens”… Mais ce n’est pas facile de réunir une dizaine d’articles en un seul, alors j’espère que cet article vous plaît. Quant à moi, le “breaking news” attire beaucoup ma curiosité… Et il faut le dire, cette “génération Y”, elle est complètement malade ! ;-)

Christophe Duman

http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_van_Poppel