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Carla Bruni-Sarkozy violemment insultée de ‘prostituée’ par l’Iran pour son soutien à Sakineh

En dépit de la mobilisation française pour épargner l’Iranienne de 42 ans et mère de deux enfants Sakineh Mohammadi-Ashtiani du destin monstrueux qui lui est réservé, le journal iranien Kayhan, très proche du Guide suprême de la révolution iranienne, l’Ayatollah Ali Khameini, a violemment insulté la Première Dame de France Carla Bruni-Sarkozy de « prostituée » suite au soutien qu’elle a affiché à Mme Mohammadi-Ashtiani dans une lettre destinée à elle publiée sur le site La Règle du Jeu.org du philosophe Bernard Henri-Lévy, l’initiateur d’une pétition contre la lapidation de Mme Mohammadi-Ashtiani signée à l’heure actuelle par plus de 41.000 âmes.

Dans un éditorial intitulé « Les prostituées françaises rejoignent la lutte des droits de l’homme », le journal, considéré comme le plus conservateur des journaux iraniens, publie les propos suivants : « Récemment, Carla Bruni, l’épouse infâme de Nicolas Sarkozy et Isabelle Adjani, l’actrice française à la morale corrompue, ont exprimé leur soutien envers Sakineh. » Le journal, qui dit « défendre l’idéologie de la Révolution islamique » appuie : « Carla Bruni s’est débrouillée pour briser le mariage Sarkozy et devenir la Première Dame de France, encore que récemment il y a eu des nouvelles disant qu’elle a eue une relation avec un chanteur. »

Comme si cela ne suffisait pas pour bouleverser les esprits de l’optimisme à la terreur, la télévision d’État iranienne a quant à elle aussi rispostée en affirmant que Carla Bruni-Sarkozy se servait de cette affaire pour justifier sa propre immoralité.

Carla Bruni-Sarkozy écrivait à Sakineh : « Répandre votre sang, priver vos enfants de leur mère, mais pourquoi ? Parce que vous avez vécu, parce que vous avez aimé, parce que vous êtes une femme, une Iranienne ? Tout en moi se refuse à l’accepter. » « Vos juges doivent le savoir, Sakineh, votre nom est devenu un symbole sur la planète entière. Puissent-ils comprendre que, quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, ils ne pourront jamais se laver les mains d’un tel crime ? » ajoutait-elle.

L’Élysée n’a pour le moment pas souhaité réagir face à ces propos insultants de la part des médias iraniens, néanmoins une source a affirmé au quotidien britannique Daily Mail que Carla Bruni-Sarkozy était « profondément choquée » par cette attaque personnelle.

Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont réunies en France (dont 300 à Paris) pour faire pression sur l’Iran

Ce samedi 28 août dernier, plusieurs centaines de personnes se sont réunies en France pour soutenir Mme Mohammadi-Ashtiani, dont parmi elles, quelques 300 personnes sur le Parvis des Libertés et des Droits de l’Homme, place du Trocadéro, dans le 16ème arrondissement de Paris.

Samedi 28 août, sur l'esplanade du Trocadéro - Image : iranenlutte.wordpress.com

A l’issue du rassemblement, les présidentes des trois associations organisatrices Ni putes ni soumises, la Ligue du droit international des femmes et le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme se sont dirigées, sous escorte policière, vers l’ambassade d’Iran, où elles ont déposé dans la boîte aux lettres un courrier demandant à Téhéran de surseoir à l’exécution de Sakineh.

L’un des deux avocats de Sakineh Mohammadi-Ashtiani a appelé samedi dans une interview la communauté internationale à continuer à faire pression sur l’Iran. « Les gens qui vont examiner son dossier savent qu’ils sont sous l’oeil de la communauté internationale (…), ils savent que leur décision va avoir beaucoup de conséquences », a déclaré au quotidien britannique Times Javid Houtan Kian.

En France, la mobilisation de la société civile et du monde politique s’est accrue pour sauver cette Iranienne d’un châtiment qualifié de « moyenâgeux » par le président Nicolas Sarkozy, qui a même affirmé que la France estimait avoir « la responsabilité » du sort de cette mère de deux enfants.

Le ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner a demandé vendredi aux pays de l’Union européenne d’envisager une menace de sanctions contre l’Iran pour le pousser à épargner Sakineh Mohammadi-Ashtiani de la lapidation. « Une démarche de l’UE – discrète – est en cours à Téhéran », avait alors assuré le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Christophe Duman