Suite à l’immense attaque contre les Kit Kat de Nestlé, celle-ci ne donne toujours pas de réponse concrète aux exigences de Greenpeace. Face à l’utilisation abusive d’huile de palme produite par “le criminel” Sinar Mas par Nestlé, Greenpeace ne lâche pas l’affaire et continue ses actions.
Greenpeace a pour ceci utilisé pas mal de réseaux sociaux pour communiquer et informer ses différents lecteurs de ses actions (comme Facebook, Twitter ou YouTube). Leurs actions, que je juge énormément belles et symboliques, méritent tout mon respect. La Foire aux Liens soutient Greenpeace pour son combat contre Nestlé et pour toutes ses autres actions.
Twitter utilisé sans limite par Greenpeace
Un site dédié à la compagne avait été créé. Dessus, un groupe Facebook pour se tenir au courant de l’actualité de Greenpeace et un compte Twitter. Mais ce n’est pas tout : différents comptes existent pour pas mal de “sièges” de Greenpeace, comme Greenpeace France, Greenpeace Allemagne ou encore Greenpeace Suisse.
Greenpeace a énormément misé sur Twitter. Désormais, les tweets affichés avec le hashtag #nestle seront affichés dans un grand écran de 25 mètres sur 15, posé sur un camion, devant le siège de Greenpeace qui se situe en Suisse, à Vevey. Je n’ai malheureusement pas plus d’informations sur le procédé pour le moment. Voici quelques photos du camion partagées via le compte Twitter/Twitpic de Greenpeace Allemagne :
Mais Greenpeace n’a pas terminé : en ce moment même, elle mène une action à l’Assemblée générale de Nestlé à Lausanne, — toujours en Suisse –, qui vise à afficher une grosse bannière avec dessus le fameux slogan suivant : “Give the orang-utan a break…” (photos et vidéos)
« Des activistes de Greenpeace ont réussi un coup d’éclat lors de l’assemblée générale de Nestlé qui se tient à Lausanne. Après avoir scié deux ouvertures dans le toit de la halle, deux militants sont descendus en rappel avec un panneau [...] Peu après le début de l’assemblée, du bruit est venu du plafond, a raconté jeudi à l’ATS un photographe. Les gens de Greenpeace ont scié deux trous à la tronçonneuse et deux individus sont descendus avec une corde. Ils sont depuis ce moment suspendus à une dizaine de mètres du sol » peut-on lire dans un article du site 24 heures.ch. Un activiste de Greenpeace a publié une vidéo expliquant son acte sur vimeo.com, à voir ici.
Greenpeace n’a pas fini et se lance dans une bataille sans limites contre Nestlé. Affaire à suivre de très près…
Nestlé prétend se soucier de l’environnement mondial, agir sur le changement climatique et se comporter en entreprise responsable. Or, la société ne respecte ni ses propres normes en matière de développement durable ni le code de conduite qu’elle impose à ses fournisseurs.
Les Héros de chez Greenpeace ont lancé une énorme campagne d’appel au boycott des Kit Kat de Nestlé. Dans une vidéo choquante et très bien pensée, vue plus de 151.000 fois à l’heure actuelle sur YouTube, Greenpeace dénonce l’utilisation de l’huile de palme abusive, — qui a presque doublé au cours de ces trois dernières années –, atteignant les 320.000 tonnes. Toute cette quantité d’huile de palme est fournie par le groupe Sinar Mas, le plus grand producteur d’huile de palme et de papier dont l’empire du groupe s’étend à 406.000 hectares de plantations.
Le groupe Sinar Mas affirme posséder « la plus grande réserve de terres au monde [...] avec 1,3 million d’hectares [de] terres à disposition pour son développement. [...] »
Avec 2% de ses forêts qui disparaissent chaque année, et l’équivalent d’un terrain de football de forêt qui disparait toutes les 15 secondes, l’Indonésie affiche actuellement un taux de déforestation plus élevé que n’importe quel autre grand pays forestier au monde. Greenpeace dénonce un “désastre écologique”. « Au cours du dernier demi-siècle, plus de 74 millions d’hectares de forêts, soit un superficie plus de deux fois supérieure à la taille de l’Allemagne ont été tronçonnés, brûlés ou dégradés en Indonésie », affirme Greenpeace.
“L’arme du crime”. L’huile de palme est utilisée dans la fabrication de produits alimentaires, de cosmétiques et de biocarburants. La demande mondiale qui monte en flèche, devrait, selon Greenpeace, doubler d’ici à 2030 et tripler à l’horizon de 2050.
En 2007, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a désigné les plantations de palmiers à huile comme la principale cause de destruction de la forêt tropicale en Malaisie et en Indonésie.
Nestlé est dénoncé par Greenpeace comme le complice de la déforestation en Indonésie dû à sa consommation croissante d’huile de palme produite par Sinar Mas, Sinar Mas qui est dénoncé comme le criminel par Greenpeace. Nestlé, qui est la plus grande société agroalimentaire du monde vendant plus d’un milliard de produits chaque jour, utilise de l’huile de palme pour plusieurs de ses produits, dont le plus connu Kit Kat. « La production à l’échelle mondiale est impressionnante », et c’est dire : la quantité produite toutes les cinq minutes dépasserait une fois empilée la taille de la Tour Eiffel.
Malgré les antécédents de Sinar Mas et sa réputation toujours plus entachée, Nestlé n’a pas renoncé à traiter avec le groupe et continue à lui acheter de l’huile de palme.
L’expansion des plantations est une fréquente source de conflit social, notamment de désaccords, sur l’utilisation des ressources par exemple. Mais pas seulement. Elle est aussi dangereuse pour l’espèce des orangs-outans : l’habitat des orangs-outans se limite aux forêts tropicales humides de Boméo et de Sumatra dont la destruction est “galopante”. « La déforestation liée à l’extension des plantations est l’une des principales causes de la chute des effectifs d’orangs-outans ces dernières années. » Il ne reste qu’entre 45.000 et 69.000 individus à l’état sauvage sur Bornéo et pas plus de 7.300 à Sumatra. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a d’ailleurs classé l’orang-outan comme une espèce “en danger”. C’est-à-dire confrontée à un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage dans un proche avenir. L’orang-outan de Sumatra est même classé « en danger critique d’extinction ».
Selon le Centre pour la protection des orangs-outans (COP), au moins 1.500 orangs-outans sont morts en 2006 suite aux attaques délibérées des ouvriers des plantations et à la réduction de leur habitat liée à l’expansion des plantations de palmiers à huile. Les forêts mondiales sont l’habitat d’environ deux tiers de l’ensemble des espèces animales et végétales terrestres.
Si la science découvre aujourd’hui encore de nouvelles espèces, un plus grand nombre d’espèces bien connues, notamment les orangs-outans, les rhinocéros de Java et les tigres de Sumatra, sont menacées d’extinction suite à la disparition de leur habitat naturel.
Des enquêtes de Greenpeace ont mis en évidence que « les entreprises du groupe Sinar Mas ont enfreint les lois et réglementations forestières indonésiennes en défrichant des zones de forêts pour la création de plusieurs plantations de palmiers à huile ». Fin 2009, « Greenpeace a fourni des preuves attestant que Sinar Mas n’a pas respecté les réglementations du Ministère des forêts et n’a, dans certains cas, ni demandé ni obtenu les permis d’exploitation du bois requis avant de procéder au défrichement dans plusieurs de ses concessions situées près du parc national de Danau Sentarum dans le Kalimantan occidenta ».
Selon la loi indonésienne, une entreprise doit procéder à une étude d’impact environnemental avant d’obtenir le droit d’exploiter une plantation et donc de pouvoir commencer le défrichement. Cette étude d’impact doit être approuvée par les autorités locales. En 2009, Greenpeace a utilisé l’imagerie satellitaire pour montrer comment une entreprise du groupe Sinar Mas (PT Agro Lestari Mandiri) a commencé à défricher 4.000 hectares de terres plusieurs mois avant que son étude d’impact n’ait été approuvée. Dans un autre cas, une société du groupe Sinar Mas (PT Kenana Graha Permai) a commencé le défrichement deux ans avant l’approbation de son étude d’impact.
“Nestlé Killer”. La page Facebook de Nestlé qui compte à cette heure-ci pas moins de 95 100 fans a littéralement basculé envahie de commentaires négatifs en tous genres.
“Ces gens ont-ils déjà vu la beauté de la nature ?” (lien)
Face à cette énorme et fabuleuse campagne lancée par Greenpeance, Nestlé a réagi et a affirmé souhaiter « utiliser uniquement de l’huile de palme certifiée d’ici à 2015, lorsque les quantités suffisantes seront disponibles », or, 2015, c’est un peu trop loin.
« Entre l’opinion publique occidentale et un partenaire indonésien, ces groupes font vite leur choix car ils ne peuvent se permettre d’être montrés du doigt sur l’environnement. Greenpeace l’a compris », souligne un expert du secteur, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat sur lesoir.be.
« Greenpeace a déjà alerté Nestlé à plusieurs reprises sur les atteintes très graves à l’environnement dont est responsable Sinar Mas. En décembre dernier, Greenpeace avait notamment fourni au géant agroalimentaire suisse des preuves des activités illégales menées par la compagnie indonésienne. Pour l’instant, Nestlé fait la sourde oreille… » peut-on lire dans un article sur le blog de Greenpeace.
En attendant, Greenpeace maintient son appel à boycotter Kit Kat « tant que Nestlé continuera à s’approvisionner, via des distributeurs, en huile de palme produite par Sinar Mas », a précisé Bustar Maitar, responsable du dossier “forêt” pour Greenpeace à Jakarta.